Tu as trouvé grâce auprès de Dieu !

Nous sommes dans la région de Bethléem, c’est le soir. Des bergers gardent leur troupeau. Certains s’endorment, fatigués mais sereins après une journée de travail, d’autres contemplent les étoiles avec le regard profond de ceux qui s’émerveillent devant la grandeur et la beauté de la Création, d’autres encore surveillent le troupeau.
Libre à nous de nous imaginer la « scène », la Bible ne nous donne pas plus d’indications. Vous l’aurez compris nous sommes dans l’Évangile, à l’annonce faite aux bergers, plus exactement en Luc 2 : 8-20.
Et quelle annonce ! Voilà que l’ange leur dit :
« N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une source de grande joie pour tout le peuple: 11aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur. 12Voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. »
Ils décident de se rendre jusqu’à Bethléem et, plein d’allégresse, se hâtent d’y aller. Après avoir vu Jésus, « ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. 18Tous ceux qui entendirent les bergers furent étonnés de ce qu’ils leur disaient. 19Marie gardait le souvenir de tout cela et le méditait dans son cœur. »
Arrêtons-nous sur ce dernier verset :
Marie gardait le souvenir de tout cela et le méditait dans son cœur.
Je crois que Marie garde le souvenir non seulement des propos relatés par les bergers mais aussi de l’annonce de l’ange Gabriel qui lui a été faite directement (Luc 1 : 26-38) et de sa visite à Élisabeth (Luc 1 : 39-56) où celle-ci lui a dit : « Tu es bénie parmi les femmes et l’enfant que tu portes est béni. 43Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne vers moi? 44En effet, dès que j’ai entendu ta salutation, l’enfant a tressailli de joie en moi. 45Heureuse celle qui a cru, parce que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira. » Après quoi Marie, par le Saint-Esprit, entonne le « Magnificat » ou « Cantique de Marie », louange et prière qui, reprise par les différentes Églises et œuvres chrétiennes, a une portée œcuménique.
Ces évènements nous montrent les différents états de Marie : d’abord troublée (Luc 1 : 29, puis confiante (Luc 1 : 38), ensuite pleine de joie (Luc 1 : 47) et enfin méditative (Luc 2 : 19).
Marie médite dans son cœur. La Bible désigne le cœur comme le siège de la vie spirituelle, de l’âme, des émotions, de l’intelligence et de la compréhension. C’est le sens du mot « kardia », cœur en grec.
Marie a accueilli la Parole de Dieu au plus profond d’elle-même et notre Seigneur à la fois physiquement et spirituellement.
Elle doit vraisemblablement chercher à comprendre quelle pourrait-être la dimension de ce qui lui arrive et qu’est-ce qui va se passer concrètement pour cet enfant, Fils du Très-Haut, tout en contemplant l’œuvre extraordinaire de Dieu et les paroles annoncées par l’ange Gabriel.
La Bible désigne le cœur comme le siège de la vie spirituelle
Faisons un « flash-back » et allons au chapitre 1 de l’Évangile de Luc pour lire ces paroles annoncées à Marie. Plus exactement trois d’entre elles, qui nous invitent à une formidable méditation : nous rappeler de l’œuvre de notre salut et du témoignage lumineux auquel nous sommes appelés.
-
« N’aie pas peur »
Dieu est un Dieu d’amour et de confiance. De nombreuses fois, la Bible nous montre les prophètes, les anges ou Dieu le Fils nous dire : « N’ayez pas peur ». Dieu nous appelle à la confiance et non à la crainte dans le sens de peur. Jean ne nous dit-il pas : « Il n’y a pas de peur dans l’amour; au contraire, l’amour parfait chasse la peur.» (1 Jean 4 : 18)
Nous avons l’exemple à suivre pour annoncer l’Évangile.
Combien de conversions sont basées sur la peur ? Combien de prêches ont engendré la peur parce qu’ils ont menacé des flammes éternelles ceux qui ne se convertiraient pas ? Trop, beaucoup trop.
Dieu, en appelant tous les chrétiens à être témoins, donne à tous une responsabilité. Nous devons prendre soin de notre prochain, de son intégrité physique bien sûr mais aussi psychologique. Nous ne pouvons pas utiliser la manipulation et la peur pour amener des âmes à Christ.
Frère Roger, fondateur de la Communauté de Taizé, dit : « Cherche la limpidité du cœur. Fuis l’habileté manœuvrière. Ne manipule jamais la conscience de l’autre utilisant son inquiétude comme un levier pour le faire entrer dans tes vues. » (Amour de tout amour, 1990)
Nous sommes appelés à dire à notre prochain : « N’aie pas peur. »
-
« Tu as trouvé grâce auprès de Dieu »
Quelle parole magnifique ! Laissons-la résonner au plus profond de notre cœur.
Marie a trouvé grâce auprès de Dieu, une grâce toute particulière puisqu’elle a été choisie pour porter en son sein notre Sauveur.
Celle qui a trouvé grâce auprès de Dieu, va donner la possibilité à tous les Hommes de bénéficier de la justice du salut.
Serons-nous de ceux qui annonceront, par notre bouche et nos actes, à la Création toute entière : « Tu as trouvé grâce auprès de Dieu ! » ?
Refusant de voir notre prochain à travers le prisme de la culpabilité qui a été crucifiée à la croix ? Refusant de faire reposer sur lui le joug de la peur et de la punition ? « Car la peur implique une punition. » (1 Jean 4 : 18)
Comment un Dieu qui s’est livré lui-même à la croix à travers Jésus pour libérer tous les Hommes de tous leurs péchés, qui a accepté de prendre sur lui la punition que nous méritions, pourrait vouloir nous punir ?
Marie qui sait qu’elle va accueillir Jésus est pleine de joie.
Nous qui, comme Marie, avons accueilli la joie du Christ, offrons-la !
Serons-nous de ceux qui annonceront, par notre bouche et nos actes, à la Création toute entière : « Tu as trouvé grâce auprès de Dieu ! » ?
-
« Le Saint-Esprit viendra sur toi »
Marie, par la foi, est fécondée par la puissance du Saint-Esprit et donnera naissance à Jésus.
De même, le croyant, par la foi, est « fécondé » par la puissance du Saint-Esprit, naît de nouveau (Jean 3 : 3-5) et devient une nouvelle créature (2 Corinthiens 5 : 17).
Le Saint-Esprit engendre en nous toute une vie spirituelle et nous donne des dons (1 Corinthiens 12 : 4).
Le temps de Noël peut être propice pour définir ou redéfinir, dans la prière et en accord avec la volonté de Dieu, comment nous souhaitons servir, avec les dons qu’Il nous donne, pour témoigner et offrir l’amour et la joie du Christ.
Je vous souhaite un joyeux temps de Noël.
Jean-François Bongrand
