PENTECÔTE

« 8Comment se fait-il donc que nous les entendions chacun dans notre propre langue, notre langue maternelle? » (Actes des apôtres 2 : 8)

Ça y est ! L’heureux évènement, promis par Christ, tant attendu par les disciples et certainement un peu redouté – que se passerait-il vraiment ? -, est arrivé.

Le Saint-Esprit inonde leurs cœurs.

L’auteur des Actes, prend soin de décrire ce qu’il s’est passé physiquement. Des langues leur apparurent. Elles étaient semblables à du feu, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux.

Puis les disciples se mettent à parler en d’autres langues. Pas dans un parler en langue spirituel qui ne serait pas compris des autres mais dans des langues existantes, ce qui revêt une dimension plus prophétique (1 Corinthiens 14 : 2-4). La pentecôte est un évènement prophétique, Pierre, d’ailleurs, l’explique en Actes 2 : 17-18.

Nous pouvons nous poser cette question : pourquoi les disciples parlent-ils en langue ?

N’aurait-il pas été plus cool qu’ils se mettent à voler comme Superman, ou bien à composer en quart de ton ou encore à improviser du jazz en mode phrygien ?

Non, rien de tout cela, ils se mettent à parler en langue.

Je pense que la dimension de l’incarnation se retrouve jusque dans ce passage là. Le Christ est la Parole faite chair, le Logos.

Les chrétiens sont des « petits christs » appeler à « parler Dieu », à être à leur tour cette Parole d’amour libératrice.

La langue du Royaume de Dieu c’est l’amour.

Notre première langue maternelle ce n’est pas l’anglais, le russe, le chinois, le français ou encore l’espéranto, c’est l’amour.

Dans le verset d’Actes 2 : 8, le mot « maternelle » signifie, dans un sens juif et d’une manière métaphorique, « amener quelqu’un à la vie ».

Lorsque nous aimons, nous parlons notre première langue maternelle et nous amenons à la vie.

Et, Ô beauté de l’incarnation, notre langue maternelle s’exprime au travers de notre autre langue maternelle : celle du pays qui nous a vu naître. C’est pourquoi les gens qui assistent à cet évènement de la Pentecôte entendent aussi « physiquement » ce qui est dit.

J’aimerais parler plus courament notre première langue maternelle et vous ?

Jean-François Bongrand