Foi et solidarité

 

Plus que jamais, dans les heures sombres que traverse l’humanité depuis un peu plus d’un an, fléau de la Covid-19 qui cause la mort et rend les esprits abattus, nous avons besoin de foi et de solidarité.

Aussi, je vous propose d’envisager l’année 2021 avec confiance.

Confiance dans ce Dieu d’amour, Père, Fils et Saint-Esprit qui toujours souhaite le bonheur des Hommes et non leur malheur et qui ne nous abandonne pas dans l’épreuve.

Car oui, réjouissons-nous ! Dieu est à nos côtés dans les circonstances que nous vivons. Regardons à Christ et croyons que, par l’immense bonté du Père éternel, toutes épreuves ont été crucifiées  à la croix, que nous triompherons comme le Christ est triomphateur ! Puisons à la croix victorieuse et bienfaitrice, Ô houlette de notre Divin Berger, la force nécessaire pour traverser la « sombre vallée de la mort » (Psaume 23 : 4).

Et prions :

« Jésus le Christ, dans la douleur et la souffrance, tu as porté le bois de notre salut où ont été crucifiées nos iniquités et par le moyen duquel la mort a été définitivement engloutie et, avec elle, notre condition humaine : séparation d’avec Dieu, mort, deuil, échec, dépression, épreuve, maladie… Un nouveau jour s’est levé ! Un soleil qui ne peut s’éteindre, Ô Christ ressuscité !

Nous gardons dans nos cœurs, une confiance inébranlable en la promesse de jours meilleurs et en la résurrection.

Jésus, viens à notre secours et délivre-nous de la Covid-19. Amen »

 

Puisons à la croix victorieuse et bienfaitrice, Ô houlette de notre Divin Berger, la force nécessaire pour traverser la « sombre vallée de la mort » (Psaume 23 : 4).

 

Dieu a donné l’intelligence aux êtres humains, et, depuis plusieurs mois, des femmes et des hommes se sont activés pour mettre au point un vaccin. Espoir pour l’humanité.

Prions pour que le Saint-Esprit inspire la recherche et qu’un vaccin fiable soit accessible pour tous les peuples qui le souhaitent.

 

L’épreuve que nous traversons met encore plus en évidence une réalité : l’interdépendance des relations humaines.

Nous sommes tous confrontés à la possibilité de contracter le virus ou de le transmettre.

Et nous avons besoin les uns des autres, soit pour être soignés, soit pour être informés quand à ce qu’il faut faire pour protéger les autres et se protéger, soit pour avoir accès à des masques, soit, lors des confinements, avoir accès à du programme culturel, ou des livres ou avoir un support pour vivre sa foi…

Cette réalité ne peut-elle pas nous interpeller quand à la justesse de ce que les Hommes sont appelés à vivre : la solidarité ?

Créés pour nous aimer et nous servir les uns les autres, ne pourrions-nous pas réfléchir à des manières plus respectueuses de faire et vivre ensemble ?

Voici deux axes :

  1. L’économie au service de Dieu et des Hommes

La liberté d’entreprendre est un droit précieux à préserver. Il y a quelque chose de profondément biblique dans le fait de créer et d’exercer une activité, tout comme Dieu a crée l’univers et le maintient en activité.

Toutefois, l’avidité de l’Homme détourne l’économie de son but premier et je ne peux pas parler d’une économie au service des Hommes sans parler d’une économie au service de Dieu.

Jésus dit : « Personne ne peut servir deux maîtres, car ou il détestera le premier et aimera le second, ou il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent. » (Matthieu 6 : 24)

Il ne condamne pas expressément l’argent en tant que tel. Il ne dit pas de ne pas utiliser d’argent – d’ailleurs, Jésus et les apôtres avaient une bourse – mais que l’on ne peut pas servir l’argent.

Car la finalité de toute chose est de servir et glorifier Dieu comme exhorte Paul : « Ainsi donc, que vous mangiez, que vous buviez ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10 : 31). Dans ce passage, le mot « faire » est traduit du grec « poieo » dont une des significations est « produire », ce qui met ce verset en lien avec l’activité humaine et l’économie.

Si la Bible appelle l’humanité à se tourner vers son Créateur pour tout lui offrir, cela ne peut pas se faire sans la liberté de l’Homme, ce qui serait une défiguration de l’amour de Dieu.

Lorsque l’on aborde le sujet de l’économie, ou des affaires temporelles et spirituelles dans la communauté humaine, de nombreux chrétiens et non chrétiens font référence au verset : « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matthieu 22 : 21), pour développer, par exemple, une vision de séparation entre les Églises et l’État et plus largement entre le fait temporel et le fait spirituel.

Cette interprétation a plusieurs aspects positifs : liberté de conscience, ne pas dépendre d’intérêts financiers ou politiques…

Je vous propose une autre interprétation. Je suis curieux de savoir ce qu’aurait dit Jésus si il avait vu écrit : « In God we trust ». N’aurait-il pas été enthousiasmé par autant de foi ?  Par le fait que des Hommes aient placé Dieu au-dessus du dieu argent ?

Il y a dans le modèle américain ou dans ceux d’autres nations une force de proclamation qui me fait penser au « Dieu de David ».

Cela veut-il dire qu’il faille délaisser le modèle français ? Non, l’Évangile nous appelle à l’atteindre, à le rejoindre.

Il y a, sur notre bon vieux franc et sur l’euro, notre devise et la figure symbolique de Marianne.

De nombreux parallèles peuvent être dressés entre l’Évangile et la triade Liberté, Égalité, Fraternité. Marianne, quand à elle, avec son bonnet phrygien, symbole de la liberté et référence aux esclaves affranchis de l’empire romain, évoque le chrétien qui, en Christ, est affranchi de la mort temporelle et spirituelle.

Cela favorise l’intériorité et me fait penser au « Dieu d’Élie » qui se révèle dans une douce brise.

 

Servir Dieu c’est servir les Hommes, et servir les Hommes c’est servir Dieu (Matthieu 25 : 35-40).

Nous pouvons observer les limites et les effets pervers d’une économie pour l’économie : conflits, guerres, esclavage, marchandisation de l’Homme…

La crise que nous traversons, ne nous donne-t-elle pas l’opportunité de reconsidérer notre manière de mettre en œuvre l’économie, de produire et de consommer ?

Et voilà que, dans la fraternité humaine, s’éveillerait une légèreté de cœur.

 

Et voilà que, dans la fraternité humaine, s’éveillerait une légèreté de cœur.

 

  1. Produire et consommer local

Nous avons pu observer de manière factuelle, lors des confinements, une baisse importante des rejets de Co2. La nature a respiré.

Cela ne doit- il pas, sans culpabiliser mais avec lucidité, définitivement nous questionner quand à l’activité humaine ? Pour léguer à nos enfants une Terre où il fait bon vivre ?

Poursuivre avec détermination le développement des énergies vertes et des moyens de transports propres ?

Si l’on peut se réjouir de l’élaboration de produits biologiques (je préfère le terme « naturel ») de plus en plus développée et accessible, quelle crédibilité avons-nous d’obéir à une économie mondialisée sans cœur ? En effet, quelle logique  y-a-t-il à importer du bio (et non bio du reste) produit à plusieurs milliers de kilomètres quand cela peut être fait juste à côté ?

Et puis, pour une simple raison de coûts, nous abandonnons notre prochain à des délocalisations malveillantes. « Faisons l’Homme à notre image » dit Dieu, et l’Homme réduit l’Homme à l’image de marchandises.

Et vous, bienheureuses places de nos villages, suppléées par de froids et interminables couloirs abrités par des « géants » et des « hypers » monolithiques, ne vous aiderons-nous pas à revivre ?

Sans vouloir priver les hypermarchés de leur liberté d’entreprendre, ne pourrait-on pas imaginer qu’ils soient une multitude de magasins participant à la bienfaisante proximité ?

 

Nations, terres et Terre seront pleines de joie !

 

Nations, terres et Terre seront pleines de joie !

 

Jean écrit : « Si quelqu’un n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » (1 Jean 4 : 20). La Bible, tout en exhortant chacun à placer sa confiance en Dieu plus qu’en toute autre chose (Psaume 118 : 8), encourage à avoir confiance en son prochain, car aimer c’est faire confiance.

Plus que jamais, dans ces heures sombres, nous avons besoin d’encouragements mutuels, pour « regonfler » les réservoirs émotionnels.

Réjouissons-nous du formidable élan de solidarité pendant cette épidémie et disons un grand merci aux femmes et aux hommes qui se mobilisent pour combattre la Covid-19 et aux États, qui apportent leur contribution financière pour que leurs citoyens puissent vivre décemment.

 

Je vous souhaite une excellente année 2021 !

Que Dieu vous bénisse !

Jean-François Bongrand