LIBERTÉ MEURTRIE

Quelque chose de grave est entrain de se passer en France. De triste aussi.

Le peuple français, fatigué par la crise du Covid-19 ainsi que par de nouveaux actes terroristes odieux et barbares, va être asphyxié encore plus par une loi liberticide : la loi séparatisme.

Et, le visage de notre belle France, sera méconnaissable.

Depuis plusieurs années, notre nation est la proie d’idéologues et d’artificiers, obscurs et ennemis du bien, qui, par la peur et le sang, cherchent à répandre des idéologies mortifères, nommées à tort ou à raison par un terme générique : l’islamisme.

De ce fait, le président de la République souhaite un « réveil républicain ».

J’ai lu ses discours prononcés, l’un à l’occasion des 150 ans de la proclamation de la République, l’autre aux Mureaux sur le thème de la lutte contre les séparatismes. Si je dois les décrire brièvement, je dirais, pour le premier : inspiration et, pour le second : oppression et répression.

« Alors à chaque fois que le drapeau tombera, il faudra le rehisser. » nous dit le président lors de son discours du 4 septembre 2020. Aujourd’hui, le drapeau est entrain de tomber, emporté par le manque cruel de liberté qui ne sied pas à un projet français. Emblème si riche d’Histoire, symbole illustrant si bien la continuité historique, je le rehisserais bien volontiers.

Alors que le moral des Français est au plus bas, que leur confiance est mise à rude épreuve, le gouvernement porte un projet de loi qui, je le crois, programme le divorce entre la République et les Français.

Après un attentat, nous, peuple français libre et souverain, bien qu’endeuillés par la perte de nos compatriotes, choisissons de continuer à vivre et de ne pas nous laisser intimider par ces crimes lâches, à juste titre.

Mais voici que, plutôt que de brandir la liberté face à l’oppression, notre président et le gouvernement, choisissent le repli et la peur, et deviennent eux-mêmes oppresseurs. Car, lorsque l’on se penche un peu plus sur ce projet de loi, tout repose sur la défense de la République et rien sur sa mise en valeur. Ce qui a pour effet de produire des mesures répressives. La plupart des mesures souhaitées amoindrissent les libertés des Français. Ils sont injustement pris pour cible.

Dans son communiqué de presse du 25 mars 2021, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme dit de ce projet de loi qu’il est « dangereux pour la cohésion nationale et les droits et libertés fondamentales ». Je vous invite à lire ses deux avis (https://www.cncdh.fr/fr/publications/avis-sur-le-projet-de-loi-confortant-le-respect-des-principes-de-la-republique, https://www.cncdh.fr/fr/publications/second-avis-sur-le-projet-de-loi-confortant-le-respect-des-principes-de-la-republique).

De nombreux responsables d’associations, tant culturelles que cultuelles, ont exprimé leurs réserves et leurs inquiétudes. Voici une tribune écrite par des responsables orthodoxe, catholique et protestant : https://www.protestants.org/articles/70848-separatismes-tribune-commune-aux-chretiens.

Et les réformes souhaitées pour l’instruction dans la famille m’apparaissent tout particulièrement liberticides. Je trouve que l’obligation d’instruction peut déjà poser une question d’ordre philosophique et moral quant au respect de la liberté de conscience et d’éducation. Rendre l’école obligatoire et restreindre l’instruction dans la famille est une violation de la liberté de conscience et un abus d’autorité grave. Je citerai John Stuart Mill :

« Il n’est pas tolérable qu’un gouvernement ait, de jure ou de facto, un contrôle complet sur l’éducation des gens. Posséder ce contrôle et surtout l’exercer est le propre d’un comportement despotique. Un gouvernement qui puisse mouler les opinions et les sentiments des gens depuis l’enfance jusqu’à la jeunesse peut faire avec eux ce qu’il veut. » (Principes d’économie politique, 1848, livre V, ch XI)

Emmanuel Macron dit dans son discours aux Mureaux : « Il faut aussi faire aimer la République en démontrant qu’elle peut permettre à chacun de construire sa vie. » Si le reste est oppressant, je trouve cette phrase intéressante.

Mais pour faire aimer, ne faut-il pas aimer ? Et l’amour peut-il se passer d’être accompagné de la liberté ? Je ne le crois pas.

Ainsi, Monsieur le Président, la loi séparatisme assassine votre souhait de « réveil républicain ».

Comment faire aimer par la force et l’obligation ? L’heure d’une inquisition républicaine a-t-elle sonnée ?

Bien plus qu’une loi de rupture et de fracture, nous avons besoin de pédagogie, de sensibilisation, de retour aux sources mais aussi de modernité. Je crois que c’est par cette voie là que la République aime et laisse libre.

De compréhension aussi. Si la France est une République par le choix de son peuple, tous les Français ne sont pas républicains. Il y a, par exemple, des anarchistes non-violents et des monarchistes.

La République viendrait-elle à eux sans respecter leurs convictions, par un choc brutal et répressif ?

L’ami des Français et le chef d’État ne devrait-il pas tous nous réunir face à l’islamisme ?

Je terminerai par un bel encouragement pour la France : « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. » (2 Corinthiens 3 : 17)

Jean-François Bongrand