Gildas vivait de la charité depuis plus de quinze ans.
Ce qui était auparavant d’une arduité extrême était devenu une béatitude. Comme si le don transcendait la relation humaine et ses préoccupations mercantiles pour lui redonner son identité.
Cette grâce, il la goûtait depuis que sa vie s’était transformée, il y a dix ans. Mais, avant cela, ses premières années dans la rue furent les plus terribles.
Il avait connu toutes les réalités de cet abysse : indifférence, rejet, survie quotidienne, danger, inconfort…
C’est au plus profond du gouffre, qu’un soir, dans un dernier espoir, tout son être se mit à crier :
« Dieu, si tu existes, sauve-moi ! »
Une chaleur intense l’envahit et une paix si profonde le combla qu’il ne put contenir sa joie et s’exclama :
« Merci Dieu ! Merci Dieu ! Merci Jésus ! Je t’aime, je t’aime infiniment ! »
Par la puissance du Saint-Esprit, le Christ s’était révélé à lui.
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Jean-François Bongrand
